La course contre la montre de Vale

12 September 2010

Les usines du Nord et du Sud sont désormais presque au coude à coude dans leur course à la mise en service. Toujours empêtrée dans ses problèmes industriels, Vale Nouvelle-Calédonie vient toutefois de produire du nickel non raffiné commercialisable. Explications de Peter Poppinga, directeur général.

 
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Selon Peter Poppinga, directeur général de Vale Nouvelle-Calédonie et vice président exécutif Asie-Pacifique, l’usine du Sud a déjà produit 1 000 tonnes de nickel contenu dans une solution.
 

    * Les Nouvelles calédoniennes : Où en est aujourd’hui l’usine du Sud dans son objectif de production de nickel non raffiné, décision faisant suite à l’effondrement d’une colonne d’extraction ?

Peter Poppinga : Nous avons achevé quelques étapes importantes en termes de production. Tout d’abord, la phase de « commissioning » est vraiment terminée : tous les équipements ont été testés de façon individuelle. Comme le four à lit fluidisé, qui marche. Autre étape : la première production il y a quelques jours de produit intermédiaire, ou NHC. Ce produit sort de l’autoclave mais ne rentre pas dans la raffinerie. Nous pouvons le vendre au marché, le commercialiser. C’est une mesure temporaire. L’intérêt est de générer une recette — c’est toujours bien- mais le but est principalement de renforcer les compétences des équipes sur la maîtrise du procédé en amont de la raffinerie, et de poursuivre la montée en production de l’ensemble de ces circuits.

    * Avez-vous des clients pour ce produit intermédiaire à 35 - 40 % de nickel ?

Nous avons des clients. Des contrats ont été signés au Brésil, en Chine, aussi auprès d’un grand groupe minier… Il y a également des options internes, au Canada et en Indonésie.

    * Et avec la SLN ?

La SLN est très intéressée, nous avons eu des échanges sur le sujet. Mais, à court terme, la filiale d’Eramet ne peut pas en prendre à cause de difficultés opérationnelles. En revanche, à moyen terme, j’y suis favorable. D’ailleurs je donnerai la préférence à la SLN, car nous sommes sur le même territoire. Si il y a quelque chose (avec eux), ce sera pour l’année prochaine.

    * Ce nickel non raffiné n’est-il pas potentiellement nocif lors de la manipulation ?

Comme avec tous les produits chimiques, nous devons faire attention. Des dispositions de sécurité ont été prises.

    * Quelle est la conclusion du rapport préliminaire sur l’effondrement d’une colonne d’extraction le 21 avril dernier ?

Ce jour-là, le corps de la colonne d’extraction N°10 s’est rompu, pendant son commissioning, en présence du fabricant (la société israélienne Bateman). Le rapport intermédiaire a été fait par des experts indépendants, et partagé avec le fabricant qui est d’accord avec les conclusions. L’enquête a conclu que la rupture du corps de la colonne a été provoquée par une défaillance de composants internes, c’est-à-dire des disques et des couronnes, due à un phénomène de résonance résultant d’une conception inadéquate de ces composants. Mais l’intégrité des parois des colonnes est adéquate, aucune modification n’est donc requise à ce niveau-là.

    * Quel plan avez-vous élaboré ?

[« Pour nous, le produit non raffiné est provisoire » soutient Peter Poppinga, directeur général de Vale Nouvelle-Calédonie et vice-président exécutif Asie-Pacifique. « À la fin 2011, nous le pensons, nous ne produirons que du nickel raffiné ». (Photo Archives LNC)::] Le problème, ce sont vraiment les composants internes basés sur un mauvais design. Nous avons 21 colonnes. Les modifications visant ces composants seront effectuées sur site dans des ateliers actuellement en construction.
La seule colonne qui doit être entièrement changée est la N°10. Celle qui s’est effondrée. Pour les autres, seuls les composants internes seront remplacés. Ils seront tout d’abord démontés, enlevés avec une grande grue, et envoyés vers l’atelier. Enfin des composants nouveaux, en cours de fabrication, seront installés.

    * Combien de temps durera l’opération ?

Une partie sera faite cette année, une autre l’année prochaine. Le but est de tester la raffinerie avec la partie faite en 2010, en configuration minimale, c’est-à-dire deux colonnes de chaque type (extractions primaire et secondaire). En clair, tester toute la chaîne de manière intégrée. Nous sommes très confiants.

    * Quand comptez-vous atteindre la production maximale de 60 000 tonnes de nickel ?

L’objectif est inchangé : pour 2013, atteindre les 60 000 tonnes de nickel et 4 500 tonnes de cobalt. Cette année, ce sera 100 % de produit intermédiaire (non raffiné), de l’ordre de quelques milliers de tonnes. En 2011, du nickel (produit raffiné) avec la raffinerie de nouveau en opération, et encore probablement du produit intermédiaire en parallèle. Peut-être moitié-moitié. Tout va dépendre de la vitesse d’intervention sur les colonnes. Il est trop tôt pour parler de volume. Il faut que l’on produise de manière significative, plus que cette année. En 2012, nous serons sur le nickel pur.

    * 2013… Il faut pourtant environ trois ans pour atteindre 60 000 tonnes ?

Nous maintenons fin 2013. Car la partie la plus compliquée dans cette usine, que sont les autoclaves, marche très bien. Nous avons déjà quinze jours de production en continu sans aucun problème. Nous sommes capables de continuer à produire.

 

Source:www.lnc.nc

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